- Nozze, ind'è i sgioculelli -

MESSA IN SCENA U TEATRINU

Adattazione di Brecht : Guy Cimino

Canti : Jean Baptiste Filippi

Cullaburazione dramatica (ùn fussi chè pè l'apperitivu) : Michele Raffaelli

Le marié, Jean Pierre Giudicelli - La mariée, Corine Mattei - Le père de la mariée, François Berlinghi - La mère du marié, Yvette Medori - La sœur de la mariée, Stella Guelfucci - Le jeune homme, Jean Baptiste Filippi - L'ami du marié, Jean Louis Graziani - L'amie de la mariée, Marie Ange Geronimi - Son époux, Guy Cimino


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  Quandu dui giovani s'uniscenu in matrimoniu, a chiarasposa è u sposu maturu, tandu si dice chì l'anghjuli di u Celu si mettenu à cantà ! Quandu a giovena sposa si ramenta i ghjorni felici di a so zitellina, tandu li si piglia appena di nustalgia, perchè oghje entra ind'a vita mischina, pessima, gattiva… ma ci entre à fiancu à un omu avvizzatu, chì hà fattu coppiu, cù e so mane, per spàrte oramai cùn quella ch'ellu hà sceltu è gioe è pene.

In Nozze ind'è i sgioculelli, Brecht mette à tavulinu duie generazione da u veduvu à a vechja figlia, passenda da u vechju coppiu à l'amicu vechju figliu.A serata passa pian pianinu, u vinu corre è u galateu piglia fondu ! U babu vole cuntà i so stalvatoghji, l'amica di a sposa hè brutta lingua, tutti si cappianu è i mobuli, fatti da u sposu si sbondanu unu dopu à l'altru. Finisce a pezza quandu u lettu matrimuniale si sbonda anc'ellu.

"Avec une sécheresse et une brièveté toute clinique, La Noce constitue ainsi comme un petit catalogue de différentes formes pathologiques de discours creux ou aliéné. Les plats (qui à défaut des invités alimentent au moins leur conversation) rythment d'abord la marche vers le désastre, puis laissent la place aux meubles qui se fracassent l'un après l'autre, tandis que les convives, sous l'empire de l'alcool, se laissent chacun glisser sur sa propre pente fatale qui conduit au silence ou à l'injure. Certaines étapes de la soirée font partie d'un programme que les participants s'évertuent à respecter et qu'ils énoncent soigneusement comme pour combler le vide - on peut y voir, déjà, une sorte d'effet de distanciation à l'état sauvage, non encore théorisé : maintenant c'est le gâteau, maintenant il faut faire un discours, maintenant on danse... Ces étapes se multiplient, leur succession s'accélère jusqu'à devenir secrètement oppressante. D'autres sont involontaires, maladresses, malentendus et malfaçons qui parasitent et sabotent le déroulement de la cérémonie, semant le trouble et la discorde. Ces deux lignes, celle du menu et celle des imprévus, finissent par se rejoindre dans les ténèbres des coulisses, où résonne soudain, tel un accord final et dérisoire, le fracas indéchiffrable (réussite in extremis ou suprême ratage?) du lit matrimonial qui se brise. Tels sont les atouts de La Noce, qui en font l'une des comédies de Brecht les plus souvent jouées : une efficacité et une vitesse impressionnantes, une progression inexorable du crescendo comique, une simplicité d'épure dont la puissance critique a souvent autorisé une lecture politique, une sûreté de trait dans la caricature qui ne va pourtant jamais jusqu'à priver tout à fait les personnages d'une chance, même infime, d'être aimés."